L’école dynamique ou la fin des programmes

Ramïn, créateur de l’Ecole Dynamique, nous invite à découvrir son projet d’école où des jeunes 100% libres et responsables inventent leur propre chemin d’apprentissage.

Comment en suis-je arrivé à fonder l’Ecole Dynamique ?

On pourrait résumer cette histoire en bref. J’étais chez mes parents, fin août 2014, allongé dans le lit qui a bercé mon enfance, en train de lire Tipping Point de Malcolm Gladwell, lorsque je me suis demandé : comment puis-je apporter ma brique à ce « Point de Bascule » qui arrivera inévitablement dans le monde de l’éducation ? La réponse m’est venue spontanément : inspirer le monde avec une école qui est réellement faite pour apprendre et non sélectionner. Dans les 15 minutes qui ont suivies, la description du projet était sur Facebook et les premiers « like » affluaient.

J’ai écrit un livre The Facilitator qui décrit les origines de ce parcours. A 10 ans, je voulais déjà aider mes camarades à progresser en maths, mais le cadre ne m’en donnait pas les moyens. Lobotomisé par un système d’éducation élitiste, j’oublie mon rêve de devenir prof, et je rejoins le BCG à 23 ans, une boîte de conseil où j’aidais des multinationales à gagner plus d’argent et plus vite. A 26 ans, je quitte mon salaire de 100.000€/an et je pose cordialement ma démission afin d’accomplir ma vocation naturelle dans l’éducation et l’écriture.

3 ans au BCG m’ont suffi à comprendre qu’il faudrait abolir ce système économique insensé ; 2 ans à l’école m’ont suffi à conclure à l’abolition nécessaire de notre système éducatif tel qu’il existe.
Diverses lectures et TED Talks m’ont accompagné dans ce voyage à la découverte des racines d’un système à démonter et à reconstruire (Mihály Csíkszentmihályi , Barry Schwartz, Daniel Pink, Ken Robinson, Sugata Mitra, Salman Khan, Logan LaPlante, Beau Lotto, Eckart Tolle, Ivan Illich, John Taylor Gatto, A.S. Neil, Daniel Greenberg, Serge Lattouche, Joseph Stiglitz, Jacques Attali, Mohammad Yunus).

Ce sont surtout mes expériences personnelles qui m’ont mis sur cette voie, et je suis convaincu que la bataille ne peut être purement intellectuelle. Elle se vit au quotidien. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » ~Gandhi. Je pense presque chaque jour à l’action de ce Grand Homme, sa manière d’arrêter de donner du sens à l’Empire Britannique au lieu de le combattre, en tissant ses propres vêtements et en marchant jusqu’à la mer pour récolter son propre sel. Beaucoup l’admirent sans savoir qu’il adressait aussi une critique extrême au système éducatif occidental. Il a combattu l’establishment avec sa joie, sa simplicité et son sourire, et c’est le même genre de lutte que j’essaie de mener au quotidien : celle d’être soi-même et ne laisser personne me dire qui je dois être et comment je dois me comporter ; celle d’exécuter les actions auxquelles je crois sans avoir à demander la permission de qui que ce soit, toujours avec un sourire bienveillant.

Dans mon école à Madrid, j’ai déjà œuvré dans le sens de changement radicaux. J’ai d’abord rendu tout travail optionnel dans ma propre classe, ce qui a « paradoxalement » généré un engagement quasi-total. Je leur demande leurs idées sur comment mieux gérer notre classe et je les applique, j’avoue mes faiblesses et mon ignorance, je travaille avec eux et non contre eux, je ne les juge jamais. Mes résultats n’ont en fait rien de paradoxal : essayez de faire confiance à un jeune à 100% et de lui donner le temps de s’acclimater à la gestion de sa propre liberté, et vous verrez les merveilles que ça crée. Ils se rendent compte de pourquoi ils sont là, et ils savent qu’ils ont un adulte bienveillant à leur côté pour les aider, et non une autorité qui leur impose un « one-size-fits-all » qui bloque totalement leur capacité à explorer un chemin propre, donc personnalisé, donc le plus efficace possible.

Il suffit aussi de regarder les statistiques sur les 2 millions de petits américains qui font l’école à la maison pour constater la supériorité évidente de l’autodidaxie, en comparaison au système « assis, tais-toi et écoute ! » Ces statistiques m’ont sérieusement aidé à questionner mon rôle de « prof » et à réinventer mon métier. Je montre aussi ces statistiques à mes élèves pour les engager dans un débat profond sur leur attitude d’apprenant.

J’ai lancé un projet « Soyons le changement » auquel une vingtaine d’élèves participent activement. Ils organisent des TED class, où l’on regarde Logan Laplante, Sugata Mitra et Ken Robinson et on questionne le sens de l’école. Ils interviewent les gens sur l’école qu’ils aimeraient avoir dans 5 ans et comment on y arrive. Ils ont lancé un journal de l’école, orienté « voix des élèves et esprit critique ». On a organisé des assemblées démocratiques hebdomadaires où les profs et les élèves s’assoient en cercle et construisent des solutions ensemble. J’arrête la liste ici mais elle est plus longue que ça.

Ces bouleversements sont tous possibles car il suffit d’agir sans demander la permission, avec confiance. Une fois que l’enthousiasme prend, les jeunes sont alors « inarrêtables », et moi « invirable », car trop respecté par une majorité, au point que même l’administration commence à soutenir ma vision. Aujourd’hui, je regarde les regarde faire, ces jeunes, et j’ai beaucoup d’admiration pour leur courage et leur motivation. Je les aide au cours de leur aventure à coup de petits messages inspirant, à l’image de cet e-mail, portant sur l’égo comme ennemi numéro 1 de l’apprentissage, inspiré d’une célèbre citation d’Albert Einstein.

Halluciné par le potentiel créatif des jeunes lorsqu’ils sont libres et responsables d’eux-mêmes, j’en suis naturellement arrivé à créer cette « école » qui traiterait les ados ainsi en permanence, et qui les aiderait à libérer ce potentiel gigantesque. J’espère montrer au monde que lorsque le contexte le permet, les ados sont tout à faire capables d’apporter une grande valeur à la société comme penseurs, créateurs, auteurs, artistes, chercheurs… Même ceux qu’on a étiquetés comme « inadaptés » ou « décrocheurs » … Peut-être même en particulier ceux-là ! Mettons-les entre quatre murs en criant « taisez-vous ! », et on crée alors des monstres, des abrutis, des dépendants. Faisons leur confiance, et ils inventeront un monde plus sain, plus altruiste et plus heureux.

Comment peut-on aider l’Ecole Dynamique ?

En 40 jours d’existence, nous avons déjà fait des progrès importants. Une marraine et 2 parrains exceptionnels qui nous ont rejoints : François Taddéi, Ostiane Mathon et Jérôme Saltet. Nous avons également construit un réseau d’une dizaine de contributeurs qui aident le projet bénévolement, et qui auront des passions et compétences diverses à partager avec les ados. Nos presque 300 likes sur Facebook témoignent de notre potentiel à fédérer des énergies. Nous avons pour l’instant 4 familles intéressées pour 2015, dont une seule confirmée à 100%.

La priorité est là : nous cherchons des parents et ados convaincus par le projet et motivés pour vivre cette aventure avec nous (pour une première implantation sur Paris). Nous aimerions constituer rapidement un premier groupe pour décider des modalités précises : structure légale, lieu(x), financement… Avancement du projet au 3 novembre
J’ai confiance qu’une vague importante de candidats se présenteront prochainement à nos portes ! Je rêve de ce non-problème à gérer : celui de créer dans la foulée une deuxième école dynamique !

Ramin Farhangi, créateur de l’Ecole dynamique
Présentation de l’Ecole Dynamique
http://www.ecole-dynamique.org/

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