L’ouverture : la bienveillance, la confiance et la réciprocité

Intervention de Claire Héber-Suffrin lors de la conférence « Inventons un printemps de l’éducation : savoir-être, confiance, joie, ouverture » du 30 avril 2014

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« L’ouverture : la bienveillance, la confiance et la réciprocité » : Introduction 

1. Jacques Lecomte : « La Bonté humaine »

Jacques Lecomte, dans son très bel ouvrage sur La bonté humaine indique ceci, à partir d’une étude effectuée par Caroline Zahn-Waxler : « Les bébés reconnus comme leaders sont les plus gentils. Un comportement relationnel typique des bébés est le partage et l’offrande d’objets. Le partage commence à se manifester au cours de la fin de la première année et est fréquent au cours de la deuxième. C’est un comportement essentiel dans les relations de l’enfant avec son entourage, à tel point que son absence est considérée comme une forme précoce d’autisme ».

– Mais que s’est-il passé par la suite ? Ceux que nous reconnaissons comme leaders sont-ils toujours les plus gentils ? Ces comportements se seraient-ils à ce point perdus ? Pourquoi ?

– Ne savons-nous pas voir ces comportements de partage chez nos concitoyens, chez nos compagnons de planète ? Ni les identifier et les nommer ? Ni les reconnaitre, ni les admirer ?

– Ne savons-nous pas mettre en place des situations qui permettent à ces comportements de se vivre, d’être valorisés, reconnus, admirés ?

2. Un des événements qui est à la source de la création des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs®

Brigitte

« Cette enfant, crispée sur un refus complet et violent de l’école, avait été placée dans ma classe : ma directrice (très attentionnée à chaque personne) avait pensé que « [ma] pédagogie serait bonne pour elle ». Lorsqu’un soir, en classe de neige, Brigitte se révéla douée pour la danse – et alors même que d’autres élèves de la classe étaient venues danse autour d’elle « comme pour l’aider à naitre à elle-même », suscitant l’émotion du reste de la classe et de l’enseignante que j’étais –, je lui proposai de l’inscrire à un cours afin qu’elle développe ce talent en lui permettant d’acquérir les techniques de la danse. Ce fut fait. Quelques semaines plus tard, je lui demandai si elle accepterait de devenir notre monitrice en danse et d’aider, ainsi, toute la classe à préparer un spectacle de fin d’année. Je me souviens de la fierté de son « oui » ! Et, dès ce moment, Brigitte a pu travailler sur les autres matières. L’aide et l’entraide lui sont devenues tolérables, acceptables. J’ai compris alors qu’il est insupportable d’être toujours et seulement celui ou celle que l’on aide. Que l’on ne peut se sentir membre d’un groupe que si l’on est aussi celui ou celle qui lui apporte quelque chose, qui est reconnu comme essentiel au projet du groupe, qui compte pour les autres et sur qui le groupe et chaque membre du groupe peuvent compter. » (Plaisir d’aller à l’école )

Que s’est-il passé ? Je l’ai beaucoup plus précisément compris en réfléchissant à ces quatre dimensions des relations humaines : l’ouverture, la bienveillance, la confiance et la réciprocité. J’en présenterai l’analyse en conclusion.

3. Présentation rapide des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs ®

Un postulat : chacun sait beaucoup de choses : beaucoup plus qu’il ne le croit, beaucoup plus que la société ne le sait. Chacun est ignorant : beaucoup plus qu’il ne le sait, autrement que la société ne le croit.

Une proposition : chacun est invité à demander, chercher, des savoirs et à en offrir.

Des mises en pratique : chacun peut apprendre et enseigner, transmettre, partager ses savoirs et/ou apprendre à le faire.

Un exemple en ville : Jean-Pierre transmet son savoir en conversation allemande à Martine et Yann. Yann enseigne la chimie de niveau 3ème à Mathilde et Raphaël. Martine partage ses compétences en dressage de chiens avec Juliette et Benoît. Benoît enseigne le violon à Frédéric. Frédéric (19 ans) offre l’anglais à douze personnes, enfants, jeunes et adultes, qui l’avaient demandé ou que l’offre a intéressés. Parmi elles, Brana (35 ans) offre la natation, à trois personnes dont Dominique (73 ans). Celui-ci offre le banjo à Marie-Ange (20 ans) et Hélène (40 ans). Marie-Ange offre les ateliers d’écriture à dix personnes qui elles-mêmes font des offres. Hélène offre l’informatique à cinq personnes dont Céline. Céline offre l’espagnol à six personnes dont Marie-Thérèse. Celle-ci apprend à lire à Boubaka (19 ans). Celui-ci offre la fabrication d’instruments de musique africains à partir d’objets de récupération à des enfants dont l’un offre les mathématiques à un enfant de son âge, etc.

Un exemple dans un établissement scolaire : Ugo, Grégoire, Julie, Hacen et Christophe apprennent le Russe avec Mathieu qui, lui-même, reçoit de l’informatique de Ludovic et Selma. Cette dernière s’initie, avec sept autres élèves de sa classe, au Basket avec Marie, Hafida et Sandrine qui demandent, les deux premières, une aide en Mathématique à Thomas et, la seconde, une initiation aux échecs à Julien et Isabelle, etc.

Lire la suite ici de l’intervention ici (article dans sa totalité – 20 pages) : L’ouverture, la bienveillance, la confiance et la réciprocité

Pour aller plus loin et en savoir plus sur l’ouvrage Plaisir d’aller à l’école

Intervention de Claire Héber-Suffrin à l’occasion de la conférence « Inventons un printemps de l’éducation : savoir-être, confiance, joie, ouverture » le 30 avril 2014

Claire Héber-Suffrin est docteur en psychosociologie des groupes en éducation et en formation et cofondatrice des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs.

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