Pour une école inclusive

par Lydie Laurent, Enseignante Spécialisée, Autismes et autres troubles cognitifs

Nous rêvons tous d’une meilleure école pour nos enfants, une école qui permette à chaque enfant de développer au mieux son potentiel académique, social, humain et spirituel.

Pour y parvenir, avant de penser à telle ou telle pédagogie, il ne faut pas perdre de vue que l’élément principal au centre de la problématique est l’élève lui-même. Toute pédagogie peut apporter à l’élève son efficacité si celui-ci y adhère, et est réceptif.
Il est donc capital d’évaluer les besoins personnels de l’enfant avant de répondre par une méthode ou une autre. Mais cette approche est exigeante et impose à l’enseignant de maîtriser plusieurs pédagogies pour en retirer la quintessence pour chaque cas d’élève.

Parfois, je me prends à rêver d’écoles au sein desquelles les enseignants seraient des « nexialistes » (Le « nexialisme » est un terme inventé par l’écrivain de science-fiction A. E. van Vogt dans son livre la Faune de l’espace. Ce terme désigne une méthode scientifique consistant à articuler les savoirs de manière composite pour trouver des solutions originales aux problèmes posés et dégager de nouvelles pistes.) de la pédagogie connaissant les moindres secrets de chaque grand pédagogue et les dernières données de la science en matière d’apprentissage afin d’apporter à chaque enfant l’accompagnement le plus efficace pour lui-même.

Je rêve aussi alors parfois d’écoles diverses pour que chaque enfant puisse prendre le meilleur chemin pour lui-même, quelques soient les revenus financiers de leurs parents.

La réalité montre certains signes encourageants, l’ouverture d’école avec des pédagogies et des philosophies différentes peu à peu se développe. Dans ces cas, on observe par ailleurs que ces expériences multiples enrichissent le potentiel humain global en développant des différences qui sont autant de richesses pour la vie sur Terre. C’est à ce niveau que l’égalité si souvent prônée en France prend tout son sens ; la liberté de choix pour une meilleure pédagogie pour chacun s’approche, à mon sens, bien davantage de l’idée de l’égalité qu’une volonté d’une méthode et d’un programme identiques pour tous.

Je rêve enfin d’écoles qui garantiraient le droit à une scolarisation de qualité à tous les enfants, sans tenir compte de leur condition physique, intellectuelle, psychologique, culturelle, social ou autre. Je rêve de cette école sans frontière entre les enfants porteurs d’un handicap et les autres. Pour la France, ce rêve implique que les établissements médico-sociaux soient gérés par le ministère de l’éducation nationale afin de fusionner avec les écoles ordinaires.
Ainsi, les enfants handicapés seraient accueillis dans les établissements fréquentés par les autres enfants et bénéficieraient du soutien dont ils ont besoin dans le cadre du système d’enseignement général. Les professionnels spécialisés dans le handicap les soutiendraient au sein des écoles dites « ordinaires », organisant si besoin des séances en petits groupes ou en individuel. Ainsi, le temps de la ségrégation prendrait fin !

Tous les enfants se retrouveraient dans des écoles communes partageant les récréations, les moments de repas et de fêtes.

Les différents spécialistes échangeraient plus facilement sur leurs pratiques, s’enrichissant mutuellement au profit de tous les enfants grâce à des outils modernes de partage de connaissance sans cesse actualisés par les meilleurs expériences observées sur le terrain et approuvées avec rigueur scientifique par la mesure de progrès acquis. L’échec scolaire diminuerait pour tous les enfants car la mutualisation des compétences permettraient de trouver une solution pour chaque difficulté rencontrée.

Les plus sceptiques pourraient penser que ce rêve est peut-être une lubie et pourtant il m’apparait fort probablement comme une des réponses à un avenir souhaitable. Les derniers résultats du test PISA qui est le Programme International du Suivi des élèves montre qu’une école inclusive ne nuit pas au résultat scolaire de l’ensemble des élèves. Non seulement, les élèves différents ne baissent pas le niveau d’une classe mais, la Finlande pays au sein duquel les écoles sont inclusives démontre même qu’il obtient de biens meilleurs résultats que ceux de la France (12ème place pour la Finlande et 25ème pour la France sur 65 pays).

A partir du moment où un système de soutien efficace est mis en place pour aider l’enseignant, le bon déroulement des activités pédagogiques n’est pas perturbé et les résultats de l’ensemble des élèves peuvent même être améliorés (J. Anderson, personal communication, circa 1992, Demeris et al, 2007, Ghandi 2007, Rouse & Florian, 2006, Cole et al., 2004, Unterleitner, 1990.) !

Des écoles capables de réunir la diversité humaine tant au niveau des pédagogies, des professionnels et des enfants définissent pour moi l’école inclusive.

Il n’y a pas de modèles types de l’école inclusive. Ce type d’école existe lorsque de belles rencontres humaines le permettent et que tous les membres du groupe s’organisent pour que chacun s’épanouisse et développe au mieux son potentiel humain.

Le Printemps de l’éducation s’organise, je le souhaite bourgeonnant d’une multitude d’initiatives qui permettront de voir un jour mûrir l’inclusion de tous les enfants à l’école !

Lydie LAURENT

Enseignante Spécialisée

Autismes et autres troubles cognitifs

www.epsilonalecole.com

Plaidoyer pour une école inclusive vidéo TEDx Lydie Laurent

 

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