Quelle école pour nos enfants ?

Thématique de la revue Génération Tao n°70

L’école, l’éducation, la transmission : des sujets de société essentiels et incontournables. Eduquer consiste à « élever » l’autre. Or, nous avons tous à cœur « d’élever » les générations futures. De les aider à grandir et à s’épanouir. Tout comme nous pouvons chercher à nous « élever » vers ce qu’il y a de plus noble et de plus accompli en nous. Alors, comment éduquons-nous nos enfants ? Qu’avons-nous choisi de leur transmettre ?

Ce numéro n’a pas vocation de dresser un bilan de la situation actuelle, mais bien plutôt d’offrir des changements de perspective, de proposer des réflexions énoncées par des acteurs de l’éducation (Antonella Verdiani, Christophe Chenebault, Nicolas Piémont), des philosophes (Denis Marquet), des ethnologues (Paule Lebrun), des psychologues (Marie Quartier). Nous avons aussi voulu mettre en avant des projets d’éducation expérimentaux initiés par des parents : instruction en tribu, « organic school », ou des réalisations déjà éprouvées comme à Auroville. Et insister également sur la nécessité d’une transmission de qualité entre adultes, source d’une éducation qui élève et épanouit l’enfant, et garante des générations futurs.

« Révéler la partie la plus généreuse des êtres humains»- Extrait
propos recueillis par Delphine Lhuillier auprès d’Antonella Verdiani et de Christophe Chenebault

Il existe aujourd’hui en France de nombreuses innovations pédagogiques, souvent menées par des parents ou des enseignants isolés. Pour partager ce savoir-faire et le diffuser, un collectif de personnes a lancé le Printemps de l’éducation.

GTao : comment l’idée du Printemps de l’éducation est-elle née?

Antonella VERDIANI : elle est née d’un simple constat. En participant en tant qu’ « experte » en éducation à de multiples rencontres, colloques et conférences, je me suis rendu compte que ceux que l’on définit aujourd’hui comme « les acteurs du changement » dans la société civile sont aussi très nombreux dans le monde de l’éducation. Ce sont des enseignants et des parents qui agis- sent souvent « cachés » par peur de se trouver en désaccord avec l’Institution (pas unique- ment l’Education nationale !), et qui ont peu d’occasions d’échanger leurs expériences, leurs savoir-faire développés surtout dans l’innovation pédagogique.
A la place de dénoncer « ce qui ne va pas », nous avons décidé, avec un groupe de personnes engagées, de mettre en lumière « ce qui va » et de leur offrir des occasions de rencontres, non seulement virtuelles (des services comme une plate- forme web et une bourse d’échanges sont entre autres en construction), mais aussi « physiques » par l’organisation de rencontres locales et nationales. De cette volonté est né le projet d’Alliance citoyenne pour l’éducation, un projet sociétal par excellence.

Christophe CHENEBAULT : le Printemps de l’éducation est né d’une envie commune et de trois constats. Le premier est que si nous voulons une société différente (humaniste, écologique, coopérative, solidaire), nous n’avons pas d’autre choix que de débuter par les enfants. Comme le disait d’ailleurs si bien Gandhi : « Si nous voulons enseigner la paix véritable en ce monde, c’est avec les enfants que nous devons commencer. » Le second est que beaucoup d’enfants ne sont pas heureux et n’expriment pas leur vrai potentiel dans le système d’enseignement actuellement en place au sein des institutions. D’où l’échec scolaire, la violence scolaire, la compétition exacerbée, les mauvaises orientations, ou tout simplement l’ennui et le manque de motivation. En résumé, une voie vers le « mal-être » plutôt que vers le « mieux vivre »… Le troisième constat est qu’une éducation différente (à travers notamment les écoles Montessori, Steiner, Freinet) existe depuis bien longtemps, et qu’en parallèle, de nouveaux projets éducatifs très innovants se créent chaque semaine en France. Mais cet ensemble de « jeunes pousses de l’éducation » a du mal à se relier, à échanger et à créer une communauté d’acteurs innovants travaillant tous dans la même direction.

GTao: qui peut participer au Printemps de l’éducation?

A. V. : tout le monde peut y participer en y adhérant sur le web (www.printemps- education) et en consultant les réseaux sociaux (Facebook). Pour constituer l’Alliance, nous avons également commencé à réunir des représentants d’associations, d’organisations, d’entreprises, des collectivités, mais aussi des enseignants, éducateurs, parents, grands- parents et enfants, autour d’une même envie et une même vision de l’éducation : considérer l’enfant en tant qu’être à part entière, respecter ses rêves et ses intérêts, l’accompagner à s’épanouir.
C. C. : le Printemps de l’éducation est d’abord et avant tout un mouvement citoyen. C’est aux enfants, aux parents, aux grands-parents, aux enseignants à reprendre en main un sujet qui les concerne directement, et qu’ils ont eu tendance à trop déléguer aux pouvoirs publics. Et il ne s’agit pas, comme c’est le cas actuelle- ment, d’étudier de nouvelles manières d’adultes pour encore mieux « faire rentrer les enfants dans le système », dans un moule qui n’est pas fait par eux et pour eux, mais bien de voir comment nous pouvons (enfin) écouter es enfants et voir comment les rendre (vraiment) heureux.

Pour lire l’article complet, c’est ici : « Révéler la partie la plus généreuse des êtres humains. »
Pour commander la revue, c’est ici : http://www.generation-tao.com

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