Accompagner les ados vers une « meilleure connaissance de soi » ! - Le Printemps de l’Éducation

Accompagner les ados vers une « meilleure connaissance de soi » !

annes-de-l-adolescence-diverses-de-groupe-brancher-d-adolescents-18043841Des savoirs, des savoir-faire certes mais peu ou pas de savoir-être : tel est le constat de Florence Charbonnet, agrégée en Lettres modernes, après plus de vingt ans de « loyaux services » en tant que professeur de français à l’Education Nationale en lycée, puis en collège.

Que faire pour nos ados, dont nous sommes responsables en tant qu’adultes, afin de les accompagner vers eux-mêmes ?

« Passionnée et convaincue qu’on n’accède ni au savoir ni au savoir-faire ni à soi-même dans de bonnes conditions sans savoir-être, j’anime depuis trois un atelier pour élèves volontaires intitulé « Connaissance et estime de soi »

L’idée de cet atelier est de créer un espace de partage où l’on s’interroge sur le savoir-être : aucun savoir, aucun savoir-faire ne sont nécessaires ni requis mais on apprend, en groupe, sans aucun jugement et en toute bienveillance, à mieux se connaître soi-même et à mieux comprendre ce qui se joue dans les relations avec les autres.

J’ai un canevas de progression :

  • Connaissance de soi : se connaître et s’accepter, regarder l’autre positivement (apprendre à coopérer), nommer nos valeurs, nommer nos émotions, découvrir nos besoins, faire le lien entre émotions et besoins.
  • Communication/écoute : la rumeur, les difficultés de la communication, les solutions pour mieux communiquer.

A partir de cette base, je laisse le plus possible la parole aux ados afin qu’ils puissent se connecter à eux-mêmes. »

En début d’année scolaire, Florence passe dans toutes les classes de 5è de son établissement pour présenter son projet. Chaque séquence de travail est d’environ de 10 à 15h, à raison d’1h par semaine, chaque mercredi. Les élèves qui viennent sont volontaires : ils découvrent ce qui leur est proposé, et rares sont ceux qui ne poursuivent pas les séances suivantes ! Ils s’ouvrent rapidement à la proposition ; peu à peu, ils développent un autre regard sur la relation à soi-même et aux autres, par exemple sur le sens à donner à la colère… D’une semaine à l’autre, le travail est réinvesti, Florence peut notamment le constater au sein même de ses classes. Les ados travaillent aussi sur le jugement, avec comme repère notamment le fait que « mon défaut cache une qualité ».

« Ce qui me frappe, nous dit Florence, c’est leur intérêt porté à ces problématiques et perspectives, leur grande pertinence et leur grande capacité à réinvestir ce qu’on explique, d’une semaine sur l’autre.

Ils comprennent rapidement qu’ils ont des ressources insoupçonnées en eux, une vraie valeur et qu’ainsi, ils peuvent davantage se faire confiance et croire en eux.

« Je mène aussi cet atelier auprès d’élèves décrocheurs âgés de 19 à 23 ans qui tentent une fois de plus d’obtenir leur bac.

C’est émouvant d’accompagner des adultes en échec scolaire depuis leur plus jeune âge et souvent issus de milieux aux difficultés inextricables : ils s’ouvrent rapidement à des perspectives jusque- là inconnues, conscientisant mieux leur fonctionnement, leurs croyances limitantes sur eux-mêmes : « Ah madame, si j’avais compris avant qu’AVOIR une note et ÊTRE sa note ne sont pas synonymes, je n’en serais probablement pas là …. » «  Finalement peut-être que je vaux quelque chose au-delà de mes résultats et de mes échecs, peut-être que je peux davantage croire en moi et en mes ressources… »

« Forte de ces deux expériences personnellement très épanouissantes, je me suis mise à écrire : nourrie de tous ces partages, j’aimerais transmettre mon expérience et en faire profiter plus d’ados.

« SOIS AU TOP MON POTE » tome 1 et 2 (le 3 en route) cherchent un illustrateur et un éditeur.

Je me prends à rêver d’une Education Nationale qui permettrait un accès au savoir-être pour TOUS les élèves, savoir-être qui, en période de si grande réforme, pourrait même devenir une matière enseignée à part entière ! Qui sait ? »

En effet, on sait bien que par exemple, des manuels sur la sexualité sont distribués aux adolescents au sein des établissements, alors à quand un manuel sur le « savoir être » ?!

Et Florence a particulièrement à cœur de pouvoir œuvrer à l’intérieur même de l’institution. Elle s’est déjà posé la question de quitter ce cadre parfois rigide de l’Education Nationale : mais elle reconnait volontiers que pour sa part, la structure EN en tant que telle lui est nécessaire et qu’elle préfère se former pour parvenir à semer année après année auprès des élèves qu’elles rencontrent. « Je reste dans le système pour le faire évoluer ».

« L’EN est le seul lieu où je puisse transmettre ce qui me tient à cœur à TOUS les ados , notamment et surtout à ceux qui n’ont pas accès à toutes ces perspectives. »

Et Florence semble évidemment imprégnée de sa propre expérience familiale, qu’elle a su réinvestir ensuite : maman de 4 enfants aux âges rapprochés, ce noyau de 6 personnes a choisi d’avancer en se formant à la communication non violente, en développant une approche spirituelle, avec pour résultat, pour les enfants, qu’ils parviennent naturellement à se dire : « j’ai des ressources en moi ». Confiance et amour …

Dans son cercle familial, une personne a choisi de déscolariser ses enfants, Florence explique que cela donne lieu entre elles à des échanges forts intéressants, nourrissant pour chacune puisqu’elles partagent, avec une mise en pratique différente, l’envie de changement, d’avancer vers une éducation toujours plus bienveillante, en restant à l’écoute…

 

 

 

 

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