Evoluer dehors ... pour grandir dedans ! - Le Printemps de l’Éducation

Evoluer dehors … pour grandir dedans !

into the woods canapé et feuÇa y est, c’est vraiment le printemps ! La Nature a ressuscité ! Les oiseaux nous réveillent à l’aube, les bourdons se lovent dans les fleurs, les marcassins dandinent leur derrière en forêt et les salades poussent dans les potagers ! Je ne cesse de m’émerveiller devant ce spectacle, devant ce foisonnement de créativité, de diversité et de vie. Chaque année, à cette période, nous assistons à un miracle : la Nature était morte ou presque, et voilà qu’elle devient « Miss Monde » en deux semaines !

La Nature subvient autant à nos besoins physiques (respirer, boire, manger, construire et chauffer les maisons, se soigner, …) que psychiques et spirituels (trouver la paix, se détendre, s’émerveiller, se laisser toucher par l’Innocence, sentir que l’on fait partie d’un tout plus vaste, …). Elle nous donne tout sans compter, quoique nous fassions, depuis la conception de notre corps dans le ventre de notre mère. Nous faisons partie intégrante de la Nature, nous sommes constitués des mêmes éléments :

  • la terre : nos os correspondent aux montagnes
  • l’eau : les liquides de notre corps sont en analogie avec les rivières, les fleuves et les mers
  • l’air : notre système respiratoire
  • le feu : la chaleur du sang, du foie, des reins

On peut donc dire, comme les Indiens Aymara et Quechua le font, que la Terre est notre Mère (Pachamama). D’ailleurs, certains peuples, comme les Indiens Kogis, soignent la Nature à l’extérieur quand ils ont un problème de santé !

Croire qu’il y a la Nature d’un côté et l’être humain de l’autre est un fléau de notre temps. Vivre coupé de la Nature, c’est vivre coupé de soi-même. Cela nous plonge dans une profonde insécurité, même si cela est inconscient. En oubliant nos racines, nous perdons pied et essayons de chercher notre sécurité à l’extérieur par tous les moyens : l’argent bien sûr mais aussi les assurances, les alarmes, les garanties, le statut social, la retraite, … Nous sommes alors de plus en plus manipulables.

Quand j’étais en CM2, mon maître d’école avait dit que les tomates pousseraient hors de la terre quand nous serions grands. C’était comme si on m’avait donné un coup de massue sur la tête ! Aujourd’hui, il est courant de voir des tomates pousser sans contact ni avec la terre ni avec le ciel. Beaucoup d’animaux vivent le même sort.

Et actuellement, nous assistons à l’émergence de générations d’enfants élevés complètement hors-sol !

En 2013, j’ai accompagné des enfants de 11 ans de banlieue parisienne en « colo » et j’ai été abasourdie de constater que, sur 7 filles présentes ce jour là, aucune n’avait encore marché pieds nus sur l’herbe ! «Mais, c’est dégoûtant, y a plein de bêtes, je ferai jamais ça ». Ces enfants n’avaient jamais rien vécu en contact avec la Nature et ils en avaient très peur.

« Mais que font donc ces enfants de leurs journées ? » pourrait se demander le lecteur inquiet !

  • en France, nous passons 80% de notre temps à l’intérieur des bâtiments et des voitures (les 20% restants ne sont pas nécessairement passées en nature mais dehors)
  • un enfant français se trouve devant la télé ou internet 4h30 par jour (7h38 pour un américain ou un britannique tout écran confondu!)
  • 81% des jeunes taïwanais sont myopes parce qu’ils passent seulement 3 heures par semaine dehors

Il est donc urgent que nous tous, parents, enseignants et éducateurs nous mobilisions afin de favoriser la (re)connexion des enfants avec la Nature, la vraie, celle du dehors. Pas celle des livres ou des séances d’éducation à l’environnement vécues en classe uniquement. Il est essentiel pour chaque enfant de vivre des expériences d’immersion en nature où il pourra jouer librement, courir, crier, sauter dans des flaques d’eau, se baigner dans une rivière, dormir à la belle étoile, observer des animaux sauvages, apprendre à faire un feu, grimper aux arbres, marcher pieds nus, jardiner, cuisiner ou encore ne rien faire…

Les septaines (périodes de 7 ans qui régissent la vie humaine : de 0 à 7 ans, de 7 à 14 ans et ainsi de suite jusqu’à la fin de la vie) dont on trouve les sources jusque chez les philosophes grecs (Hippocrate, Platon), piliers de la pédagogie Steiner-Waldorf et expliquées de manière pratique par Pierre Lassalle nous montrent que l’enfant de 7 à 14 ans a un fort besoin de nature :

« Il est important qu’un enfant de la deuxième septaine puisse régulièrement se promener et jouer en pleine nature, dont les forces vivantes et jaillissantes feront écho à ses propres forces vitales, en plein épanouissement à cet âge. Notez que la respiration est capitale dans cette tranche d’âge, ce qui donne encore plus d’intérêt pour les balades en forêt ou d’autres lieux de Nature. » (Maîtrisez votre destinée par les cycles de 7 ans)

Voici quelques exemples des bienfaits de la Nature :

  • dans de nombreux cas, elle remplace la ritaline, psychotrope donné aux enfants souffrant de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité).
  • dans les crèches en nature, l’absentéisme pour cause de maladie est de 3% contre 8% dans une crèche classique.
  • après une balade de 90 minutes en Nature, on a observé une baisse des troubles respiratoires, de la pression artérielle et du cortisol (hormone du stress) ou encore une amélioration de l’immunité. Après deux journées de promenade en forêt, les effets seraient visibles durant un mois.
  • une classe découverte d’une semaine voit une majorité d’élèves faire des gains de compétence de 30% en français et en mathématiques.

Bien sûr, être connecté à la Nature ne signifie pas vivre dans la Nature. On peut tout-à-fait aménager sa vie où que l’on habite : semer des graines ou élever des insectes avec ses enfants chez soi est un début, manger des produits de saison et leur en parler, partager un potager, aller au parc après l’école, en forêt le week-end, à la mer ou à la campagne pendant les vacances. A chaque enfant sa porte d’entrée : le jeu libre, un sport, les fourmis, les étoiles, …

Offrir ces moments de Nature aux enfants leur permet de grandir en sécurité, en confiance en soi, en autonomie, en compassion vis-à-vis de la Nature (minéraux, plantes, animaux) et des autres, en créativité, en débrouillardise, en joie de vivre.

Des expériences bienveillantes, progressives s’il le faut, vécues dehors, au contact du vivant toucheront durablement l’intériorité de l’enfant : il connaîtra et aimera la Nature. Il la regardera avec les yeux du cœur et l’intégrera avec respect, considération et gratitude dans ses choix de vie futurs. Ce sentiment de sécurité participera à constituer une base solide pour ces enfants qui devront choisir entre l’ancien monde (l’économie ultra-libérale, le mensonge, l’argent à tout prix, la destruction de la Nature, la méfiance entre les gens, …) et le nouveau (respect de la vie sous toutes ses formes, vie guidée par des Idéaux tels que la Liberté, l’Amour, l’Héroïsme, …).

logo-into-the-woodsAfin de mettre en pratique ces valeurs chères à mon cœur, j’ai créé INTO THE WOODS, un lieu d’accueil en forêt 100% Nature à 30 km de Paris, ouvert tous les jours, à tout âge, offrant un grand choix d’activités (les ressources bibliographiques sont détaillées sur le site).
A venir également : des discussions sur ce thème à Paris.
D’ici là, partagez des moments, dehors, avec vos enfants et dites merci à la Nature pour tous ses bienfaits !

 

Un témoignage de Caroline Guy (Email : contact@into-the-woods.fr)

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