Lutte contre l’échec scolaire, lutte contre le harcèlement à l’école … un combat citoyen ? - Le Printemps de l’Éducation

Lutte contre l’échec scolaire, lutte contre le harcèlement à l’école … un combat citoyen ?

site MP lescureAu fil de nos rencontres, nous avons à cœur de partager avec vous des initiatives émanant de toute part. Voici un « portrait-témoignage« , comme un retour d’expériences et de terrain.

Marie-Pierre Lescure est psychopédagogue et formatrice. Elle a été enseignante durant 15 ans dans l’Education Nationale. Comme beaucoup, dès ses premières années d’enseignement, elle se retrouve en ZEP (ex Zone d’éducation prioritaire, depuis 2015 REP) devant des problématiques diverses et complexes à résoudre. Très vite, elle se met en recherche de formations et trouve des outils intéressants à développer, externes à ceux proposés par l’Education nationale.

Plus tard, elle décide de poursuivre sa formation dans le champ clinique afin de devenir psychothérapeute.

« Je décidais alors de faire des formations complémentaires, dans le champ des sciences humaines, afin d’apporter une aide constructive à ces adolescents.
J’ai démarré à cette période une psychothérapie, soutien parallèle incontournable de mon processus de changement.
Actuellement certifiée en Analyse Transactionnelle, je suis formée à la communication non violente et à l’analyse systémique. J’anime des formations auprès d’enseignants, de personnels de direction, de parents et d’élèves.
J’exerce en cabinet selon une approche de thérapie intégrative. L’analyse transactionnelle en constitue l’axe principal. C’est un outil simple et puissant, accessible à tous. Son originalité au sein des sciences humaines, tient au fait qu’il se base sur des comportements observables, ce qui permet à chacun de trouver une réponse adaptée aux différentes situations de communication.
J’ai également un intérêt nourri pour la philosophie qui donne sens à ma démarche ainsi que pour une recherche spirituelle amorcée depuis quelques années. »

Cette approche, et cet accompagnement, proposés à des familles, parents et/ou enfants, Marie-Pierre a eu envie de la partager au sein même des établissements scolaires et de mettre à disposition ces outils et ce savoir-faire. Elle témoigne du fait que lorsqu’une famille est accompagnée (parents et enfant) en situation de décrochage scolaire notamment, les résultats sont toujours positifs, pour l’enfant, dans son rapport à l’école, à l’enseignement, et le lien au sein même de la famille s’en trouve renforcé.

Aujourd’hui, ce genre de dispositif est une nécessité, et il y a un vrai besoin d’essaimer . Participant à l’ouverture de « permanences » dans un collège de 700 élèves, elle parvient à suivre une vingtaine d’élèves en grandes difficultés, avec des ateliers hebdomadaires qui leur sont dédiés. Pour que cela fonctionne, Marie-Pierre insiste (comme tant d’autres !) sur l’importance que les professionnels communiquent entre eux et associent les parents à la démarche. C’est pour cela qu’un groupe de paroles de parents dont les enfants « décrochent » se déroule mensuellement. Elle mène une expérience au sein d’un dispositif de réussite éducative, dans un établissement à Bonneuil-sur-Marne, qui indique des résultats très positifs. Cette démarche nécessite de créer des réseaux, et du lien entre parents et enfants. L’information circule, en particulier celle concernant les travaux de Muriel Salmona (les mémoires traumatiques), qui renforce et sensibilise les parents sur l’importance de stopper toute violence faite aux enfants. Son initiative fait l’objet d’un dossier présenté dans le cadre du dispositif de l’Etat, « La France s’engage », sous le titre de « Réussite ou échec, l’enjeu de la parentalité»

« Aucun jeune ne se complaît dans une dynamique d’échec scolaire. Derrière l’apparence, se cache une souffrance qui ne se dit pas, une dévalorisation de soi associée à un sentiment d’insécurité.
C’est la première étape de mon accompagnement. L’approche systémique, permet de comprendre le sens du problème et de mettre en place des changements opérationnels. Pas d’accusation ni de culpabilité renvoyés aux parents dans ce processus. Un enseignement, une mise à plat de la problématique et une démarche de réparation. »

En parallèle à ce travail de lutte contre l’échec scolaire, Marie-Pierre se mobilise aussi et intervient pour lutter contre le harcèlement scolaire.

Là encore, ses interventions englobent toute la communauté éducative : élèves, parents et enseignants. Partant du principe que seul le collectif peut définitivement résoudre ce genre de problèmes, elle aborde le harcèlement du côté du harcelé comme du côté du harceleur. Le travail sur le groupe :« le groupe classe », « groupe de niveau », « ensemble de la communauté» lui semble efficace pour transgresser ce mal.

Dans cette optique, elle accompagne des établissements scolaires demandeurs et est également sollicités par des associations de parents d’élèves elles-mêmes, qui souhaitent travailler sur ce problème afin de l’éradiquer.
Une expérimentation verra le jour dans deux établissements scolaires du second degré, d’Eure et Loire à partir de la rentrée prochaine. Soutenue par le conseil départemental, l’objectif de cette action sera de faire évaluer par un questionnaire anonyme« l’état des violences ordinaires » dans l’établissement, en début d’année, puis d’installer sur la durée un vrai travail avec l’ensemble de la communauté scolaire, plus particulièrement des élèves, afin d’agir sur ce fléau. Un travail engagé à long terme, visant à informer, soutenir et responsabiliser les élèves dans la résolution de ce problème, soutenu par des adultes eux même informés sur « les racines de la violence ». Un an après cette expérimentation, un questionnaire sera à nouveau proposé aux élèves pour évaluer le travail effectué.

Un livre à paraître dans quelques mois …

La peur paralyse notre société. L’éducation des enfants n’est pas épargnée.

«J’ai peur qu’il n’apprenne pas », « peur qu’il se fasse harceler » « peur qu’il ait un accident » « peur qu’il soit exclu »…

Ce livre fait le point sur cette émotion si présente et pourtant tellement méconnue.

Ensuite, trente questions, les plus souvent abordées par les familles lors des entretiens sont développées et largement illustrées par des exemples de terrain. L’objectif est de donner de l’information et non des recettes. Aucun enfant ne ressemble à un autre, et les parents ont des sensibilités, une histoire personnelle qui leur appartient.
Stimuler, encourager la créativité des familles et se rappeler deux principes essentiels :
« Les parents ont les compétences pour trouver la solution qui leur convient » et « Il faut faire confiance à ses enfants, tout comportement à un sens, l’important est de le trouver pour agir efficacement et sans violence»

 

 

 

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