Témoignage : Un apprentissage hors les murs pour s’accorder au monde

Un partage d’expérience de Catherine de l’association « Un Monde en Moi » et créatrice du dispositif « Ecocitoyenneté : un apprentissage hors les murs ».

Je suis Catherine. Je suis un monde en moi. Comme toi, toi, ou toi. Un tout.

J’ai grandi dans un monde aussi merveilleux que terrible. Pour me relier à ma nature, sans cesse. De plain-pied dans le vivant.

Je suis Catherine. Danseuse, puis enseignante en lettres. Toujours dans le mouvement.

J’ai croisé beaucoup de terriens qui avaient besoin de respirer, bouger, vivre dans la sérénité, s’exprimer – sans trop savoir pourquoi ni comment.

Alors j’ai créé une association, et un dispositif est né. Hors les murs, sortons !!

Une année de vie et de joie pleines, enfants, ados, adultes.

Cette association, c’est : Un Monde en Moi.

Ce dispositif, Ecocitoyenneté : un apprentissage hors les murs, concerne les enfants et les jeunes des établissements scolaires et d’ailleurs. Pour commencer, nous avons été lauréats du prix d’appel à projets écologiques de la ville de Reims 2016, et à présent de la Fondation Nature et Découvertes 2017.

Nous développons des pratiques d’éducation centrées sur le bien-être et le vivre ensemble, en lien avec le vivant. Il s’agit d’éduquer par l’environnement, à l’environnement, à la coopération, en s’appuyant sur l’autonomie et la démocratie afin de conduire à une “citoyenneté terrienne” et apprendre la paix. Il s’agit aussi de s’appuyer sur le corps, comme moyen de connaissance et de connexion à soi et aux autres. Ressentir, se mettre en mouvement, réfléchir, agir, relier.

Avec élan, mais à son rythme.

La démarche s’inscrit dans l’esprit d’une pratique, pour s’enraciner dans la durée.: un engagement sur six à dix mois de l’année scolaire est demandé (chaque mois : une journée dans la nature + une rencontre dans l’établissement, selon un modèle de co-construction).

Nous sommes accueillis dans une commune de campagne, au Jardin Sauvage de Sillery (dans la Marne, à vingt minutes de Reims), par les hôtes que sont les ânes, les arbres, les oiseaux, la rivière…pour permettre à tous de “sortir” du cadre de vie citadin habituel, dans un esprit de “jumelage” quartiers/campagne.

Notre axe : prendre soin de soi et de la terre – s’accorder au monde – libérer le potentiel de chacun – s’ouvrir à l’altérité – “cultiver son jardin”.

Je n’ai pas LA solution, LE modèle pour permettre aux enfants et aux adolescents de se (re)connecter à eux-mêmes. Ce dont je suis convaincue, c’est que sortir des espaces clos, vivre hors les murs le plus souvent possible, c’est un acte en soi de transformation de la matière éducative. Nous n’avons pas tous le même besoin de nature, mais il est absolument nécessaire d’impliquer le corps, et de le (re)plonger dans un environnement vivant, pour permettre à l’esprit de s’ouvrir et à l’individu de se construire.

C’est un acte citoyen modeste, libérateur, urgent, en réponse au bruit et à la fureur dans lesquels évoluent certaines couches de notre société avec lesquelles je travaille depuis que je me suis engagée dans l’enseignement.

Je place mes espoirs dans ce renouveau éducatif, il est vital de vivre pour apprendre, d’apprendre à vivre, sur cette terre, enfants, ados, adultes.

Je vais poursuivre ma recherche de partenaires, de financements, pour ouvrir ce dispositif au plus grand nombre, aux décrocheurs, à ceux qui n’ont pas la chance d’aller dans une “autre” école, plus humaine, plus équilibrée.

Accéder à la beauté des êtres et du monde !

En savoir plus …

 

“L’enseignement doit contribuer, non seulement à une prise de conscience de la trinité individu-espèce-société, et ce qu’elle implique comme comportement vis-à-vis des autres et de la nature, avec notre Terre-Patrie, mais aussi permettre que cette conscience se traduise en une volonté de réaliser la citoyenneté terrienne.” (Edgar Morin, Manifeste pour la métamorphose du monde, 2009)

 

Vous connecter avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account