Engagement citoyen

Un véritable phénomène d’éclosion d’initiatives est en train de se vérifier dans l’éducation : partout, des individus se mobilisent pour se réapproprier démocratiquement de la question éducative, avec la mise en place de nouvelles écoles et de projets divers, initiés par des parents et des enseignants qui s’organisent pour éduquer autrement. Porté par le changement sociétal en cours dans tous les domaines de l’humain, ce souffle de renouveau donne à l’éducation un air de « printemps » , une nouvelle saison où le Vivant et la Joie de vivre reprennent la place qui leur revient, y compris à l’école.

La vision que nous portons, au Printemps de l’éducation, est celle d’une société humaniste plus coopérative, plus solidaire, orientée vers le mieux vivre, tout en renforçant l’intérêt général, la démocratie, la multiplicité des savoirs et de l’information, l’égalité des chances et la diversité culturelle. Dans l’ensemble de ces valeurs partagées le bonheur est revendiqué comme projet global de société, dont le slogan pourrait être « des enfants heureux pour un monde heureux » : un monde qui reconsidère la richesse en termes d’amour de l’autre, de coopération, de partage, tout ce que nous recherchons dans les nouvelles formes éducatives.

C’est pour contribuer à ce projet que le Printemps de l’éducation est présent dans la « société civique » (pour utiliser un terme emprunté au philosophe Patrick Viveret), et intervient par des actions engagées, afin de remettre la politique, dans son acception noble, au cœur de la cité. Le dernier exemple en date est la mobilisation générale à l’occasion des récentes décisions gouvernementales pour la mise en place des mesures restrictives concernant la création des écoles hors-contrat et l’Instruction en famille.

Il s’agit d’une mobilisation pour la sauvegarde de la liberté éducative qui inclut un important collectif de mouvements pédagogiques, associations et écoles concernés par la reforme gouvernementale en cours (voir les étapes de notre action).

De telles initiatives sont le reflet de la capacité d’action d’un nombre croissant de citoyens. Ce que nous proposons – cette mobilisation en est l’exemple – est de répondre de façon civile, engagée et responsable à des mesures qui ne tiennent pas en compte de cette capacité d’action. Cependant, il est important de souligner ici que notre posture est d’être avec et pas contre les institutions, car nous croyons à la rencontre, au dialogue et à la coopération entre tous les acteurs de la société.

Antonella Verdiani


Laisser la place à la liberté éducative et pédagogique

Fer de lance de la bataille entre l’enseignement public et privé dans les années ’80, entre ceux qui prônaient le droit à l’école privée comme bastion de défense des valeurs conservatrices, en majorité catholiques, et ceux qui se battaient pour la laïcité et le droit à l’éducation pour tous, le débat sur la liberté pédagogique s’est aujourd’hui déplacé et prend d’autres facettes. En la sortant d’une querelle politique qui en a instrumentalisé le sens, les questions de la liberté de choix et du droit à une diversité éducative sont remises à leur juste place par les revendications de ces nouveaux acteurs.

Exaspérés par l’imposition d’un seul et unique modèle éducatif porté par l’institution, les nouveaux éducateurs (parents et enseignants confondus) revendiquent non seulement la liberté de choix du type d’éducation (et pas uniquement d’école) pour leurs enfants, mais aussi de la pédagogie la plus adaptée. Et, ce qui était impensable il y a seulement quelques années, ils sont pour cela obligés de s’informer (par la participation active à des événements et de conférences), mais aussi de se former à des pédagogies diverses et variées, comme ces parents qui suivent des cours sur la pédagogie positive ou sur la parentalité bienveillante.

Voilà que la liberté du choix de l’éducation et de la pédagogie, et donc du comment cette éducation est menée, se rattache à la question évoquée en premier lieu, celle de la nécessité de sortir l’école des murs de l’institution, en inventant des espaces d’éducation libre et permanente. Par conséquent, en refusant de remettre l’éducation de leurs enfants entre les mains d’une institution qu’ils considèrent fermée, ces éducateurs montent de nouvelles écoles ; ou bien, dans le cas où ils décident de rester dans l’institution, ils se battent pour que de nouvelles pédagogies fassent finalement leur entrée officielle dans les classes de l’école de la République. La pétition pour les pédagogies différentes en est une illustration et prend de l’ampleur sur internet.

Ainsi, de plus en plus nombreux sont ceux qui font le choix non seulement de sortir leurs enfants du système de l’école, mais de sortir du système tout court, avec ce que cela implique en terme de changement pour la famille, le travail, le lieu de vie, etc. Il ne nous est pas demandé de partager ces choix, mais de les respecter, tout en étant vigilants (mission qui revient à l’Etat et à l’ensemble des citoyens) aux récupérations religieuses et aux dérives sectaires qui guettent les familles et certaines écoles privées.

Antonella Verdiani


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